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| Les nouveaux programmes de technologie : consultation du 21 avril 2008 au 9 juin 2008 |
Posté le 21 avril 2008 à 19h20 par jamet. Source : Education
Sans surprises, le projet de nouveaux programmes de technologie au collège représente une confirmation des orientations prises lors de la mise en place des nouveaux programmes de sixième en 2006 et décline celles-ci pour les niveaux suivants. La transparence voulue par la commission "Chevalier" marquera-t-elle une rupture avec l'opacité constatée lors de la dernière consultation ? Les enseignants appouveront-ils les orientations de ce projet ? Autant de questions de fond qui vont marquer, sans nul doute, la période qui s'ouvre jusqu'au mois de juin avant que ce projet ne soit officiellement présenté au CSE (conseil supérieur de l'éducation).
A l’évidence ces projets posent de multiples questions : Le simple récapitulatif suivant des « connaissances/capacités » de niveau 3 attendues dans cette discipline (qui ne semble garder que le nom tant elle est en rupture avec les concepts précédents fondés sur la démarche de projet ) peut parfois s'avérer parfois surprenant. En effet il est possible de trouver ici et là à côté de grandes ambitions (Concevoir le processus de réalisation., Conduire la réalisation du prototype en classe de troisième par exemple.) et des objectifs « basiques » du style mettre à l’échelle un plan…Pourquoi un tel phénomène ? Une réponse pourrait être de vouloir substituer à la naturelle interdisciplinarité l'intégration à un pôle sciences : SVT, physique, "technologie". De plus, il est également nécessaire d'imposer la démarche d’investigation à un enseignement qui par nature nécessite une autre pratique pédagogique, reconnue parfois par ce que l'on nomme "la péficité de la discipline". Pour beaucoup, la discipline ne peut se concevoir qu’en appliquant la démarche de projet. C’est aussi cela qui fait son orignalité et qui n'apparaît plus dans ces projets .
Dernière remarque au sujet de ce projet, les mots mécanique, électronique, gestion ou encore service ne sont plus employés ..Il est également très surprenant de voir disparaître le concept de pratiques sociales de référence pour une discipline aussi concrète. Bref, la discipline, après la "révolution copernicienne" de 1986, semble vouloir éxécuter une nouvelle réforme de fond qui pose de fait une question fondamentale : l'éducation technologique au collège, mythe ou réalité ?
Annexe : extraits choisis du projet (en gras, ce qui peut éventuellement poser problème, en italique des commentaires personnels)
Mes questions avec parfois un commentaire et le « tableau d’honneur des connaissances/capacité » !!! la technologie joue un rôle original. Elle permet de raisonner sur les techniques pour les faire avancer, les maîtriser, les améliorer au moindre risque et au moindre coût. L’enseignement de la technologie apporte à l’élève les méthodes et les connaissances nécessaires pour comprendre et maîtriser le fonctionnement des produits (dans le cadre de cet enseignement, la notion de produit, doit être comprise comme objet matériel). Il apporte aussi des connaissances et des compétences relatives à la conception et à la réalisation de produits. Savoir que la conception et la réalisation des produits prennent appui sur des fondements scientifiques et nécessitent la recherche permanente de l’innovation ;
Ainsi, il prépare l’élève à l’acquisition d’une culture technologique susceptible d’être approfondie lors d’études ultérieures.
Les objectifs clairs et précis définis par l'enseignant donnent du sens au travail attendu et aident l'élève à identifier personnellement ses niveaux de réussite (autoévaluation). La variété des activités en classe de technologie permet ainsi à l¹élève de façonner une véritable confiance en ses savoirs. Cela encourage son esprit d'initiative et le développement réel de son autonomie.
Qu’en pensent les actuels pratiquants en sixième ?
. A partir de la classe de cinquième, l’approche « analyse et conception des objets techniques » succède à l’approche « analyse du fonctionnement » du programme de sixième. (voir ci-dessous les niveaux « 3 »)
A chaque niveau, l’élève étudie au moins trois objets servant de support aux activités. L’un d’eux donne lieu à une réalisation.
Le niveau 1 indique que l’on vise à rendre l’élève capable de retrouver ou de restituer l’information.
Le niveau 2 indique que l’on vise à rendre l’élève capable de s’exprimer en argumentant sur le sujet.
Le niveau 3 indique que l’on vise à rendre l’élève capable de résoudre un problème technique formalisé.
Il convient de montrer à l’élève que l’utilisation de l’outil informatique recouvre une très grande diversité de domaines qui dépasse largement le cadre du traitement de texte, du tableur-grapheur et des applications utilisant l’Internet
Et alors ?
Connaissances/capacité « 3 »
Sixième
- Entrer des informations : clavier, lecture magnétique, scanneur,
appareil photo. - Restituer des informations : affichage (écrans…), impression (encre, 3D,
braille...), son, pilotage de machines… - Recenser des données, les classer, les identifier, les stocker, les
retrouver dans une arborescence,. - Ouvrir et consulter des documents existants (textes, schémas,
animations, représentations volumiques…), extraire les informations utiles.
- Présenter dans un document numérique les étapes d’une démarche ou d’un
raisonnement.
Cinquième
- Modifier tout ou partie d’une structure ou d’un assemblage pour
satisfaire une fonction de service donnée. - Réaliser cette modification à l’aide d’un logiciel.
- Réaliser la maquette numérique d’un volume élémentaire.
- Mettre en relation, dans une structure, une ou des propriétés avec les
formes, les matériaux et les efforts mis en jeu. - Entrer dans un ENT, identifier les services pour un travail collectif et
utiliser les principales fonctionnalités des outils propres à un ENT. - Organiser des informations pour les utiliser. Produire, composer et
diffuser des documents. - Participer à la réalisation de la maquette d’un objet technique.
- Transférer les données d’un plan sur une maquette ou dans la réalité.
- Relever des dimensions sur l’objet technique réel et les adapter à la
réalisation d’une maquette ou d’un plan.
Quatrième
- Choisir et réaliser une solution technique.
- Créer une représentation numérique d’un objet technique simple avec un
logiciel de conception assistée par ordinateur. - Rechercher et sélectionner un élément dans une bibliothèque de
constituants pour l’intégrer dans une maquette numérique - Classer de manière qualitative plusieurs matériaux selon une propriété
simple imposée par les contraintes que doit satisfaire l’objet technique - Organiser le poste de travail.
- Préparer un protocole de test et/ou de contrôle en fonction des moyens
disponibles. - Effectuer un contrôle qualité de la réalisation pour chaque opération
importante - Réaliser tout ou partie du prototype d’un objet technique.
.
Troisième
- Formaliser sans ambiguïté une description du besoin.
- Dresser la liste des contraintes à respecter.
- Pour quelques contraintes choisies, définir le niveau que doit respecter
l’objet technique à concevoir. - Proposer des solutions techniques différentes qui réalisent une même
fonction. - Valider une solution technique proposée.
- Réaliser un schéma, un dessin scientifique ou technique par une
représentation numérique à l’aide d’un logiciel de conception assistée par ordinateur, en respectant les conventions. - Gérer l’organisation et la coordination du projet.
- Choisir un matériau dans une liste fournie en fonction d’un critère
défini dans le cahier des charges. - Identifier l’origine des matières premières et leur disponibilité.
- Choisir, pour une application donnée, une énergie adaptée au besoin.
- Rechercher l’information utile dans le plan d’actions, le suivi des
modifications et la planification des travaux à livrer. - Gérer son espace numérique : structure des données, espace mémoire,
sauvegarde et versions, droits d’accès aux documents numériques. - Créer et scénariser un document
- Rédiger les consignes relatives à la sécurité dans une fiche de
procédure d’une opération. - Définir à l’avance les contrôles à effectuer pour toute opération de
fabrication ou d’assemblage. - Créer le planning de réalisation de l’objet technique.
- Concevoir le processus de réalisation.
- Conduire la réalisation du prototype
Pour rappel : "Soyons honnête, supprimons la technologie au collège" écrit en 2002.
"Au milieu des années 1980, la technologie a été installée au collège pour permettre aux élèves de réaliser pratiquement des objets qui les intéressent. Depuis, les enseignants de cette discipline ont essayé de faire vivre de telles activités, donnant à la technologie ses caractéristiques spécifiques par rapport aux autres disciplines du collège. Ils ont été soutenus par les investissements du Ministère de l’Éducation Nationale et des Conseils Généraux. Printemps 2002 : de nouvelles répartitions horaires sont fixées pour la prochaine rentrée soit, pour les classes de 6ème 1h hebdomadaire en classe entière et 0,5 h en groupes et, pour le cycle central 1,5h en classe entière. Ces décisions n’ont de sens que si l’enseignement de la technologie est conçu comme une succession de cours magistraux, avec quelques travaux pratiques en 6ème seulement. Contraires aux programmes, elles ne laissent place ni aux activités collectives de réalisation, ni aux expériences techniques, ni aux exercices d’apprentissage de l’usage des ordinateurs, ni aux travaux d’équipes. Dans cette même logique, les nouveaux programmes pour l’école élémentaire, sous l’intitulé « sciences expérimentales et technologie » au cycle 3, effacent soigneusement tous les contenus visant une approche du monde des techniques en tant que tel. Ils excluent les réalisations techniques, exceptées quelques constructions, montages ou modèles concrets à finalité scientifique. Ils se désintéressent de l’apprentissage du maniement d’objets quotidiens et de la réflexion sur leur usage efficace et responsable. Dans le même esprit, les orientations pour la formation des professeurs des écoles ignorent l’éducation technologique. Les décisions récentes n’arrivent certes pas dans un ciel serein. Elles font suite à de multiples attaques contre les activités de réalisation, à de récurrentes disqualifications de la discipline et au mépris condescendant envers les programmes actuels et les enseignants de technologie au collège. En toute ignorance des problématiques éducatives du collège, mais avec suffisance et arrogance, se multiplient les déclarations péremptoires et improvisées sur ce qu’il faut enseigner, sur ce que doit être ou devrait être la technologie au collège. Cela débouche sur des présentations des programmes nationaux, comme le fait l’ouvrage récent « Ce que l’on apprend au collège » (CNDP / XO Éditions, 2002), qui transforment une discipline où les collégiens doivent vivre des réalisations techniques concrètes et réfléchies en une science des techniques abstraite et dogmatique. L’avenir est prévisible : dénaturée, l’éducation technologique comme approche directe et active des techniques sera bientôt évacuée. Alors, par honnêteté vis-à-vis des élèves, de leurs parents et des enseignants, nous disons : soyons conséquents, et supprimons la technologie pendant la scolarité obligatoire. Des esprits curieux se demanderont peut-être quels peuvent être les motifs de ces désirs si impérieux de brouillage, de contournement et pour finir de destruction de l’éducation technologique ? Nous n’avons pas encore trouvé dans les déclarations diverses d’arguments sérieux pour justifier les opinions défavorables. La contestation de la technologie n’est fondée que sur l’autoproclamation de la supériorité des disciplines intellectuelles et n’est conduite qu’au moyen de manoeuvres pour s’arroger le droit à la parole légitime et empêcher ainsi tout débat. Sur des bases encore plus archaïques, il arrive même que les techniques - et aussi les sciences - soient encore récusées au nom des humanités classiques. Nous pensons quant à nous qu’aucun de tous ces domaines d’instruction et d’éducation ne peut sans dommage être sacrifié pour un autre : ils participent tous de la formation générale de la personne et du citoyen aujourd’hui. Depuis les travaux manuels et les leçons de choses, l’histoire de l’éducation technologique suggère que chaque mutilation et même chaque éclipse ont toujours fini par une réinvention sous une forme ou sous une autre, dans l’oubli de l’expérience du passé. Alors, avant de procéder à sa suppression, posons-nous tout de même la question : aujourd’hui la technologie au collège c’est quoi ? C’est quoi, dans ses intentions, ses prescriptions, ses mises en oeuvre ? Ébauchée au début des années 1960 dans une première version « technoscientifique » valorisant le dessin technique comme mode d’expression universel, la technologie au collège a été installée plus solidement au milieu des années 1980 pour préparer les jeunes générations aux bouleversements que constituent la technicisation et l’informatisation de toutes les activités humaines, répondre aux défis résultant de la transformation des emplois, du travail et des loisirs, et armer et responsabiliser chacun face aux pouvoirs que confèrent les techniques sur les autres et sur notre environnement. Dans cet esprit, la technologie vise à enrôler les collégiens (toute la classe d’âge des deux sexes) dans des activités raisonnées de réalisation de produits : activités qui sont à la fois moyens pédagogiques motivants et voies d’accès à une meilleure connaissance du travail contemporain. C’est pourquoi, dès l’origine, les réalisations sur projet ont occupé la meilleure place. Les programmes actuels de technologie - depuis 1996-1998 - ont déployé ces orientations fondatrices, actualisé les contenus et précisé les activités des élèves : productions d’objets ou de services d’une part, exercices d’apprentissage des techniques d’information et de communication dans des usages variés d’autre part. La technologie ne peut donc être pensée sur le mode d’une accumulation de savoirs, à l’instar de ce qu’on reproche tant aux autres disciplines. Discipline de promotion de l’action, elle dote les collégiens d’outils d’intervention et d’interprétation du monde technique dans lequel nous vivons. Tels sont les programmes en vigueur… Est-ce vraiment cela qu’il faut supprimer ? Jean-Louis Martinand est professeur à l’École Normale Supérieure de Cachan. Il a co-présidé le groupe d’experts chargé de la rédaction des programmes actuels de technologie. Joël Lebeaume est professeur à l’École Normale Supérieure de Cachan et président de l’Association Européenne pour l’Éducation Technologique."
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Posté le 9 mai 2008 à 15h49 par jamet.
Commentaire rédigé par <a href="http://pagesperso-orange.fr/techno-hadf/bienvenue.htm" a target ="_blank">I.RAK</a>
PROJET PROGRAMME 6/5/4/3e TECHNOLOGIE ET CONSULTATION 2008 : LE NOMBRE DE CONNAISSANCES
Contribution rédigée par Ignace Rak le 1er mai 2008 pour l’association PAGESTEC www.pagestec.org Mots clés dans l’index http://perso.orange.fr/techno-hadf/bienvenue.htm Technologie 2005 : connaissances 6/5/4/3e ; capacités.
Suite à une question, M.X… a écrit à propos du nombre de capacités du projet de programme soumis à consultation des professeurs : " Quant à l'inventaire, tu peux éventuellement le consulter sur (1)…Pour mieux l'apprécier, il est sans doute préférable de le coller sans format dans un éditeur de texte...».
Compléments au nombre de capacités : le nombre de connaissances
En complément à cet inventaire qui se limite aux "capacités", et pour ne pas se réduire à cette liste trop restrictive, il faut surtout mettre en avant les connaissances qui sont au cœur de la justification disciplinaire. Les "capacités" désormais alignées sur l’appellation du socle commun (?!) alors que dans le programme 1996 il s’agissait de "compétences" (je vais développer dans un autre document cette ambiguïté pédagogique), ne sont que l'aspect visible, en action, de la maîtrise des connaissances qui sont d'abord à apporter. Pour moi ce sont donc d’abord les connaissances qui permettent de justifier l'existence de la discipline technologie. Ayant été le seul à avoir écrit en équipe les trois ouvrages de formation des professeurs sur les 144 notions du programme de 1996 (une page et demi pour chacune d'entre-elles explicitant à chaque fois le schéma de pensée technique à construire chez les élèves et pas seulement une récitation de définition) (2), dont les 23 compétences notionnelles et instrumentales exigibles, j'ai fait une première comparaison chiffrée pour éclairer le débat en attendant depuis 2005 des ouvrages de formation des professeurs, jamais écrits. Voici ces chiffres qui ne comportent plus de connaissances exigibles. Toutes les connaissances ci-dessous sont donc alors exigibles : - 6e : 67 connaissances dont 13 pour les TIC générales ; - 5e : 53 connaissances dont 16 pour les TIC générales ; - 4e : 47 connaissances dont 8 pour les TIC générales et 7 pour les TIC STI ; - 3e : 60 connaissances dont 14 pour les TIC générales. 227 connaissances sont donc dorénavant exigibles (contre 23 seulement exigibles en 1996) pour les quatre années dont les 58 connaissances TIC (contre 66 non exigibles en 1996). Pour les TIC le temps à consacrer est réduit de moitié (1/6e au lieu de 1/3e).Ce décompte, à l'erreur et interprétation près, donne une première vision assez exacte de l'ampleur des contenus spécifiques dans cette refondation de la discipline technologie.
Connaissances et progressivité des connaissances
Certes certaines connaissances sont parfois répétées entre plusieurs niveaux. Mais il faut les comptabiliser comme car si elles sont répétées, c'est qu'il y a, semble t-il, une progressivité, c'est-à-dire une construction nécessaire d’« ajouts » (pour parler simple), sur ces connaissances répétées qui sera sûrement explicitée dans les documents d'accompagnement et par les formateurs à la rentrée ? Revoir aussi et surtout la thèse de doctorat soutenue en 2005 par Martine Paindorge, professeur de technologie, sur le concept didactique de "progressivité", concept différent de celui de « progression », comparaison que je vous avais signalée plusieurs fois (3). Ceci est donc une première contribution à la réflexion préalable avant de voter, contribution qui doit être complétée car il y a quatre ou cinq autres éléments aussi essentiels pour apprécier la refondation proposée en technologie.
Références (1) http://www.philippejamet.org (2) Voir les ouvrages « Enseigner et évaluer en technologie collège » Ed. Delagrave dans la rubrique CV et bibliographie sur http://pagesperso-orange.fr/techno-hadf/bienvenue.htm (3) http://www.stef.ens-cachan.fr/docs/paindorge_these.pdf
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